Noé a 21ans.

03/11/2011 16:47

this is my first book.

it's named "Noé a 21ans."

written in french.

 it's only the started.

 

Noé a 21 ans. Il a le permis, une petite voiture qui a atteint récemment les deux cent cinquante mille kilomètres mais il s’en sert rarement à part pour rendre visite à sa famille qui habite dans l’Est de la France. Il a actuellement un appartement de dix-huit mètres carré en plein centre de Paris. Il est à l’université et est un bon élève, travailleur et discret. Noé est seul, il a eu une enfance heureuse et normale, le scénario classique. La seule chose anormale qui s’est produite dans sa courte existence est que le jeune homme a perdu son grand-père l’an dernier. Un meurtre non résolu : Une balle dans la poitrine, cela l’a beaucoup affecté. Quelque fois une question trotte dans sa tête. Une question plutôt normale mais assez violente. Noé se demande ce qu’il ferait s’il était en face du meurtrier de son grand-père. Effectivement, il était très proche de Marc, mort à l’âge de soixante-sept ans. Il lui arrive de s’imaginer en train de poignarder l’agresseur ou encore de lui tirer une balle, à lui aussi dans la poitrine. En connaissance de cause, on pourrait juger cela, donc à moins que votre grand-père ai été tué sur le parking d’un supermarché à vingt-trois heures cinquante, un jour froid d’hiver, vous ne pouvez juger ses obscures pensées. Pour chasser ces pensées, Noé prend sa voiture et roule jusqu’à ce que son esprit soit vidé. Le jeune homme est assez renfermé sur lui-même, il ne parle pas beaucoup de cet « accident » à ces amis, même proches. Il n’en parle d’ailleurs à personne.

 

On était lundi, c’était la rentrée de deux longues semaines de vacances. Pourquoi longues ? Car ses parents étaient partis les deux semaines en Afrique du Sud. Noé était donc resté chez lui pour réviser ses cours. Voilà pourquoi ces deux semaines étaient si longues. Noé n’aime pas sortir dans des bars ou quoi que ce soit, il préfère passer sa journée dans une bibliothèque. Comme vous l’aurez deviné, Noé est en Fac de Lettres. Il veut devenir professeur de littérature. C’est dans la « bibliothèque des grands auteurs de Paris » qu’il préfère aller. Il y est allé après les cours. Un ami devait passer le chercher pour s’y rendre. Dix-sept heures trente, il monta dans la voiture légèrement plus luxueuse que la sienne, une décapotable rouge. Noé se sent revivre quand il entre dans cette bibliothèque, effectivement, elle est très grande et très ancienne, ce qui aide à créer un environnement de travail chaleureux. Noé commence toujours par se diriger vers la partie dédiée aux vieux ouvrages d’auteurs indépendants. Il n’y a jamais personnes par ici, c’est en partie pour cela que Noé adore venir ici, il est un petit peu renfermé comme je vous le disais. L’heure de fermeture approchait alors son ami Bruce lui proposa donc d’aller boire un verre dans un bar à proximité, il refusa. Bruce le ramena donc chez lui. Sur le chemin du retour, Noé se sentit très mal. Bruce lui proposa donc de rouler plus vite mais, par prudence, Noé lui interdit. A peine passé le palier de la porte, Noé prit un cachet d’aspirine pour son céphalée. Ce mal ne passa pas. Il s’endormi quand même. Le lendemain matin, le réveil retentit à six heures trente, comme tous les matins. Sa faculté n’était qu’à dix minutes à pied. Noé avait un vieux portable Nokia, ce n’était pas un accro aux technologies modernes. Il avait simplement un Notebook pour travailler ses cours. Il recevait rarement des appels téléphoniques, des SMS de temps en temps mais en nombre vraiment limité. Les cours du matin passèrent normalement. Au moment de la pause déjeuné, Noé se rendit à la cafeteria de l’université. Alors qu’il était en train de manger un « excellent » bœuf Bourguignon accompagné de pommes de terre insipides, il sentit son portable vibrer, une sensation rarement ressenti ces temps-ci. Sur le petit écran apparaissait le nom de sa mère, Brigitte. Bien entendu, il répondit. Elle semblait assez paniqué mais tentait de le cacher, Noé était assez fort pour reconnaitre les émotions des personnes à leur voix. Brigitte n’avais pas beaucoup de choses à dire, simplement de lui demander de rentrer à la maison le week-end prochain. Au début, Noé était un peu retissant car il avait les partielles la semaine prochaine, il avait donc programmé ses révisions ce week-end. Sa mère l’en convaincu très rapidement par le ton de sa voix, Noé avait très bien sentit qu’il y avait quelque chose d’important, il abrégea la conversation à cause de la sonnerie qui venait de retentir. Le jeune homme n’était pas confiant suite à cette conversation plutôt étrange et inhabituelle. Noé était beaucoup moins concentré l’après-midi, il mettait cela sur le dos de son mal de tête de la veille qui l’empêcha de s’endormir. 

 

La semaine passa, avec ses neuf heures de littérature hebdomadaires, Noé a choisi une option « littérature ». Son professeur de littérature se nomme M. Lemaire. Le jeune étudiant dévore les cours de littérature, il boit les paroles de M. Lemaire. Il dit même que cet homme est son idéal. D’après la majorité des élèves, ce professeur est calme, posé, et ses cours sont intéressants.  Bruce, l’ami de Noé, déteste M. Lemaire, il le trouve apathique et insignifiant. Les deux amis peuvent avoir de longues discussions en rapport à ce professeur, ces débats sont d’ailleurs construits et intéressants. Les arguments de chacun sont assez convaincant, même très convaincants, ils sont tout de même très différents. Cet homme qui a la quarantaine habite à vingt kilomètres de la faculté. Il est sportif et vit seul dans un appartement similaire à celui de Noé. Le professeur est divorcé et n’a pas d’enfant. Sa vie est plutôt monotone et « vide » comme aurait dit Bruce. Noé a tendance à sécher des cours d’histoire, qu’il déteste, pour travailler sa littérature, ce qui montre son très grand intérêt pour cette matière. Toutefois il essai de négliger aucune matière, Il est un élève très sérieux. Le vendredi, il était huit heures et les cours allaient commencer. Noé adorait le vendredi matin, comme vous l’aurez deviné, il avait quatre heures de littérature de huit heures à midi. M. Lemaire faisait un cours sur la mise en scène du théâtre au dix-septième siècle. Noé aime le théâtre mais il l’aime surtout car M. Lemaire l’adore. Le programme de littérature était chargé en cette année d’examen et le théâtre n’est qu’un point facultatif mais ce professeur n’était pas à son premier cours sur ce sujet.  M. Lemaire était bien sur un très bon acteur. Noé était allé le voir un soir, ils avaient pris un verre après la comédie de Molière divinement bien jouée. Toutefois, on aurait pu penser que la petite préférence pour Noé de la part du professeur se ressentirait en cours, mais pas du tout, du moins presque pas, M. Lemaire tente de le cacher. Il fait cela aussi très bien.

 

A la fin de la journée, Noé prit sa petite voiture pour rejoindre ses parents. Ils ne sont qu’à deux heures de route de Paris, c’est donc aux alentours de vingt heures que Noé arriva « chez lui ». Il ne le montrait pas mais il était très impatient de savoir ce que ses parents ont à lui dire de si important, si important que cela ne peut être dit au téléphone. En arrivant, rien ne semblait anormal, sa mère préparait le diner, elle avait presque terminé. Son père était devant la télévision, il regardait une émission que Noé juge inutile et idiote. Il dit bonjour rapidement puis monta dans sa chambre pour y déposer ses affaires. Cela faisait plus de deux mois qu’il n’était pas rentré. Noé est un petit peu tête en l’air et il se perd très facilement, effectivement, son sens de l’orientation n’est pas très développé, il a même confondu les toilettes et la salle de bain. C’est bon, il a repris ses repères, les toilettes sont retrouvées, tout va mieux. Noé ne voulait en fait pas demander à ses parents la chose qu’ils avaient à lui dire de si important, il préférait noyer ce sujet avec des tas de questions sur leur voyage en Afrique du Sud, qui a été apparemment, très intéressant. Il avait certainement peur de ce que cela peut être même si il se doute de ce que ça pouvait être. Ses parents semblaient énervés, Noé ressentait cela dans leur façon de parler. Quoi que le sentiment qu’il ressentait dans les yeux de ses parents se rapprochait plus de l’amertume que de l’énervement. Le repas était presque terminé mais toujours pas un mot à propos de la chose qu’ils avaient à lui dire. Finalement, ce sujet ne sera pas abordé ce soir, ce qui entraina une longue soirée de doutes pour Noé, qui virait dans tous les sens dans son lit. Maintenant qu’il est deux heures et demi du matin, le jeune homme se dit qu’il aurait peut-être fallut aborder le sujet au moment du diner. Il finit par s’endormir. Le lendemain matin, au petit déjeuner, sa mère était muette, il fallait aborder ce sujet maintenant, Noé l’aborda nerveusement. Il cherchait ses mots et bafouiller, ce qui est rare pour ce jeune garçon qui s’exprime bien d’habitude. Toutefois, il a tendance à bégailler lorsqu’il est stressé. Noé vit dans les yeux de sa mère que ce n’était pas rien. Ses yeux brillaient et ses lèvres tremblaient. Elle fixait le journal qui se trouvait dans le porte-magazines à côté de la cheminée. Noé n’osa tout de même pas aller le chercher jusqu’à ce que les mots « journal de lundi » sorti de sa bouche. Il accourut jusqu’à la vieille cheminée et attrapa le journal dans ses mains tremblantes. Brigitte chuchota : « page 12 ». Maladroitement, Noé tourna les pages jusqu’à la page douze. L’article était écrit ainsi : « Meurtre non résolu, qui avance. L’agresseur de M. Durand, décédé le 20 décembre 2010 par une balle dans la poitrine a été identifié comme un homme habitant dans la ville de Paris. […] En effet, un témoin a reconnu avoir vu la plaque d’immatriculation de sa voiture. Cet homme serait grand et brun. Aucune information supplémentaire n’ont été découverte. »

 

Noé comprit tout de suite l’amertume dans les yeux de sa mère. En effet, l’officier de police chargé de l’affaire avait promis à Brigitte que, dès qu’il avait plus d’informations concernant l’affaire, elle serait la première informée. Ce n’est pas le cas. Mais ce qui inquiétait tant Brigitte, c’était que l’assassin se trouvait à Paris, Noé se trouve à Paris. Noé trouvait ça ridicule, du moins c’est ce qu’il disait à sa mère. Au fond de lui, il avait peur, très peur. Sa première réaction fut qu’il se demanda comment il pourrait vivre de la même façon maintenant qu’il sait tout cela. Comment pourra-t-il se promener dans Paris tout en sachant que chaque personne qu’il croisera dans la rue pourrait être le meurtrier de son grand-père. A ce moment, Noé s’est dit que sa vie allez changer. Et sa vie va changer. Le dimanche, à seize heures, Noé prit sa valise en main, il chargea sa voiture et dit au revoir à ses parents. Il ne voulait pas partir trop tard pour avoir le temps de réviser une dernière fois ses cours et avoir le temps de ranger ses affaires. Durant ces deux longues heures, Noé n’a pas arrêté de penser à cet article qu’il a d’ailleurs recopié et garder dans son carnet. Ces mots le hantaient. Ce que vous ne savez pas et que Noé, lui, sait très bien, c’est que cette affaire est certes non résolu, mais ce qui aussi reste flou est la raison de ce meurtre, aucune. Aucun vol, aucune agression physique autre que cette balle en plein cœur. Les deux heures sont écoulées, Noé prit sa valise et monta au second étage de ce vieil immeuble sans ascenseur. Son appartement n’est pas très grand mais Noé a su en faire un petit coin très chaleureux. Mieux pour se changer les idées que de prendre sa voiture et rouler pour Noé : Réviser ses cours de littérature. Il se plongea sans problème dans un des cours de M. Lemaire : L’étude du texte « Homère ». Noé régla maintenant son réveil à six heures trente et se met dans son lit. Cette révision lui a permis de vider son esprit et donc de s’endormir plus rapidement. Le réveil sonna. Noé se prépara et part pour la fac. Il prit la même route que tous les matins depuis deux ans et demi mais rien n’est pareil. Il regardait autour de lui sans cesse, chose qu’il ne faisait jamais. Il a eu les mains qui tremblaient dès qu’il eut passé le palier de l’immeuble. La moindre chose anormale dans la rue le fait se retourner brusquement et l’angoisse. En fait, Noé a juste une peur permanente. Son comportement ressemblait légèrement à un début d’agoraphobie. Assez étonnant pour un jeune homme qui semblait équilibré, normal, quelque peu renfermé, certes, mais tout à fait dans la norme. Noé était terrifié, il n’attendait qu’une chose, rentrée dans l’enceinte de la faculté et juste apercevoir des personnes qu’il connait. Pas de cours de littérature toute la semaine car M. Lemaire est malade. Plutôt étonnant de sa part, car il est très rarement absent. En effet, il n’a pas raté un jour de cours depuis plus d’un an. Il y a une grippe qui se balade en ce moment, ça doit être ça. Les cours passèrent, lentement mais sûrement. Noé finit plus tôt aujourd’hui, grâce à cette bonne grippe. Il décide de quand même aller se balader pour faire passer ce mal-être dans la rue. Il s’estompait légèrement avec le temps. Noé est curieux, il voulait absolument en savoir plus sur ces informations vues dans le journal. Il réfléchit quelques temps puis décida de se rendre à la gendarmerie de son arrondissement, le 8ème. Il passa devant le théâtre et une brève pensée pour son professeur de littérature, certainement cloué au lit. Noé arriva devant la gendarmerie et hésita quelques secondes avant d’entrer. Il sortit son dialogue tout prêt au gendarme et il répondit qu’il fallait qu’il aille voir son supérieur. Un gros monsieur arriva quelques minutes plus tard, il était imposant et inspirait le respect ; Un visage plutôt fermé et des yeux fatigués. Noé redit son discours au « chef » comme ils l’appellent là-bas. Il le laissa finir tout en sachant très bien toute l’histoire, en effet, le gendarme annonça une nouvelle qui fit trembler Noé comme un vieillard atteint de Parkinson. Il était paniqué. Une seule chose semblait le rassurer, sa voiture était garée juste devant la gendarmerie, il n’avait que quelques mètres à faire pour atteindre son véhicule. Le gendarme ne s’étendant pas sur le sujet, Noé décida de partir, stressé comme il ne l’avait jamais été. Il monta dans sa voiture et se dirigea vers la direction opposé par rapport à chez lui. Il roula, roula, jusqu’à ne plus penser à rien. Il eut besoin de plusieurs heures pour vider son esprit.

 

Le jeune homme semblait maintenant étranger à tout, son appartement ne lui apparaissait plus comme avant, ce petit studio qu’il avait décoré lui-même, où il avait mis passé tant de temps, mis tant de sa personnalité ne lui semblait plus pareil. La cuisine dans laquelle il aimait passer du temps, préparer ses repas, la gazinière un peu sale des pates qu’il avait préparé hier soir, le micro-ondes qui ne servait que très rarement. La pièce principale, avec son lit contre le mur et la chaise qui lui servait de table de nuit ou un vieux réveil était posté là, comme si tout ça avait perdu son âme. La toute petite table dans le coin avec le vase vide que sa mère lui avait offert, et la boite à mouchoirs vide. Noé resta debout, regardant autour de lui, tournant la tête très lentement, comme pour mieux s’imprégner des choses. Mais cela ne fonctionnait pas. Il préféra se mettre au lit et pour dédramatiser, il se dit que tout irait mieux demain. Ce n’était pas vrai bien évidemment. Le soleil se leva en même temps que Noé mais l’astre lumineux semblait beaucoup plus paisible que le jeune étudiant. Il resta plusieurs heures, presque deux, assis sur son lit, ne regardant que l’air et les petites poussières que l’on peut distinguer grâce à la lumière du soleil perçant à travers la fenêtre à moitié ouverte.  Soudain, un bruit interpella Noé, le facteur s’arrêta devant l’immeuble et ouvra une à une les boites aux lettres. Ce bruit, pourtant banal, fit sauter Noé de son lit et il ouvrit la porte de son placard ou été rangé ses affaires. En effet, on était mardi, il était neuf heures trente-deux, et Noé avait cours, Il commençait à huit heures.  Un jean, un tee-shirt, et voilà Noé parti pour la fac. Une heure d’anglais et une petite heure d’histoires manquées ne touchent pas Noé comparé à la nouvelle d’hier soir.  On était maintenant mardi, il est dix-huit heures et Noé vient de finir les cours. Il marcha un long moment avant de s’apercevoir qu’il s’était perdu. Une vieille dame à sa fenêtre, regardant les gens passer semblait quelqu’un de confiance pour demander son chemin, Noé s’approcha d’elle et à peine lui-t-il adressait la parole qu’elle lui demanda ce qu’il voulait. Il lui expliqua qu’il habitait dans le huitième arrondissement, la vieille dame lui dit qu’il était dans cet arrondissement. Quelques minutes plus tard Noé s’était à peu près repéré, du moins il savait maintenant quelle route prendre pour arriver jusqu’à chez lui. Il n’était plus qu’à quelques rues de son appartement et un bruit l’interpella, un camion noir derrière lui fit un tel bruit pour démarrer, il partir si rapidement que les roues semblaient rester au sol alors que la carcasse s’éloignait à toute vitesse. Noé esquissa un petit sourire et pensa que cela ressemblait beaucoup à une scène de film que son père adorait regarder.

 

Il arriva en bas de son appartement, fit le code pour entrer dans l’immeuble, quelques mètres plus tard, il monta la première marche de l’escalier, toujours avec ce petit sourire qui persistait grâce au souvenir de son père regardant ces films plus saugrenus les uns que les autres. Lorsqu’il arriva au premier étage, ce sourire s’effaça à cause des voix qui s’agitaient au second étage. Il reconnut sa voisine de palier, Marguerite. Elle avait la quarantaine et était très sympathique. Elle avait l’air de bien aimer Noé, tous les dimanches où Noé était à Paris, elle lui apportait des croissants qu’elle préparait elle-même. Une dizaine de marches et il atteint le second. Le sourire s’effaça complétement et semblait avoir déserté le visage de Noé pour longtemps. Sa porte était ouverte, du moins à moitié, un trou de la taille d’un ballon de football était présent à la place de la poignet.  La panique le prit et il courut vers la porte de son appartement, Marguerite tenta de l’en empêcher mais elle ne put retenir le jeune homme. L’appartement était ravagé, rien n’était à sa place. Il manquait un pied à la table, deux à une des chaises, ce vacarme était incompréhensible. Marguerite avait été rappelée par un des policiers quelques mètres derrière la porte. Soudain, Noé entendit comme un sifflement dans ses oreilles, puis il se mit à trembler tout le long de son corps, à peine une seconde plus tard, il était allongé par terre, les yeux fermés, il semblait paisible comme cela, mais pas du tout. Le bruit de sa tête sur le sol, bien qu’amortie par la porte fit sursauté toute l’assemblée qui se tenait à quelques mètres seulement.

 

Une forte lumière blanche lui fit refermer les yeux qu’il eut du mal à entrouvrir. Noé retenta de les ouvrir à cause du vacarme qui semblait l’entourer. Il était dans une sorte de couverture dorée, entouré d’hommes habillés de rouge. Il n’essayait pas d’ouvrir les yeux, c’était en fait un homme qui vérifiait ses réflexes oculaires et ces hommes étaient des pompiers, cinq hommes pour être exact. Pendant quelques secondes, il s’est senti bien, puis des images lui revinrent. Une porte, du moins ce qu’il en reste, une table bancale, une chaise inutilisable, des assiettes cassés par terre ainsi que des verres, les tiroirs vidés. Il essaya de se lever, bien que ce soit difficile avec cette couverture qui lui semblait très lourde. Marguerite était encore avec un policier, elle ne semblait pas aller très bien. Noé entendit une voix, elle lui demandait si il se sentait capable de répondre à quelques questions, il répondit que oui. L’homme barbu lui enleva cette lourde couverture dorée et mit sa main dans son dos pour l’aider à s’asseoir dans un premier temps. Il resta quelques minutes assis pour reprendre ses esprits, ce n’était qu’un petit évanouissement, il avait un peu mal à la tête mais rien de bien inquiétant. Un policier l’interpella et il s’adossa au mur à proximité de l’agent. Il s’approchait de lui avec son air compatissant et son bloc-notes à la main. Le temps qu’il arrivait, Noé tournai la tête en ratissant tout le palier, cinq pompiers, quatre policiers, Marguerite, et l’autre voisin un peu bizarre. Tout cela lui semblait un peu démesuré pour un simple cambriolage, le policier avait dû voir une expression sur son visage et il lui demanda s’il allait bien. Noé répondit que ça allait mais qu’il était un peu sonné par la chute. L’agent le questionna alors sur ce qu’il faisait avant de rentrer chez lui, Noé lui dit avec une arrogance légèrement déplacée qu’il était en cours, à la faculté. Le policier rétorqua qu’il était arrivé vers dix-neuf heures quinze et que cela faisait tard pour finir les cours. Noé du avouer qu’il s’était perdu sur le chemin, l’homme fit une tête perplexe mais Marguerite, qui écoutait la conversation d’une oreille confirma que Noé se perdait souvent. L’agent lui posa ensuite quelques questions à propos de l’appartement mais il voyait bien que Noé était préoccupé par autre chose. Le jeune homme lui coupa la parole pour lui demander froidement pourquoi autant de monde s’intéressait à un simple cambriolage. Le policier lui avoua en bégayant que le ou les cambrioleurs n’avaient rien volés, et que cela paraissait étrange. Il y eut un blanc dans la conversation mais Noé l’abrégea pour entrer dans son appartement et vérifier ce que venait de dire l’agent. En effet, son ordinateur portable était là, intact, du moins presque, il avait dû tomber par terre mais il n’avait rien. Son portable était aussi là, Noé ne l’avait pas pris avec lui et il était aussi au pied de la table, enfin cela n’aurait étonné personne si les voleurs ne l’avaient pas pris. Il n’y avait pas beaucoup de chose de valeur dans ce lieu, à part le notebook, peut-être quelques bijoux offerts par sa mère. Et non, ils n’avaient rien pris. Quelque chose qui n’avait pas interpellé plus que ça les inspecteurs de police mais que Noé avait vu tout de suite, c’est que la salle de bain était parfaitement intacte, tel que Noé l’avait laissé, le rasoir prêt à tomber dans la douche, la brosse à dents en équilibre entre le lavabo et le vide, le gel douche couché dans la douche, le miroir quant à lui, était toujours légèrement décollé du mur en haut à gauche de celui-ci.

 

Noé, énervé par tout ce qui venait d’arriver demanda très froidement aux policiers si ils en avaient pour longtemps mais il fut surpris de voir que tous les hommes étaient autour de Marguerite qu’ils regardaient attentivement, elle était en train de leur expliquer comment elle arrivait à faire ses croissants si rapidement et qu’ils étaient toujours réussis. Les pompiers étaient tous parti. Il éleva alors un petit peu la voix pour couvrir celle de Marguerite et leur demanda si il pouvait fermer sa porte et ranger son appartement, les policiers lui répondirent rapidement et certains ne lâchèrent même pas Marguerite des yeux. Noé les salua et ferma sa porte, du moins ce qu’il en restait car il commençait à être tard. Effectivement, il était déjà vingt et une heure et impossible de dormir pour Noé pour trois raisons : Son lit était inaccessible, le serrurier et le menuisier étaient en train de réparer la porte et il était un peu trop préoccupé pour penser à dormir. Une courte hésitation avant de jeter sa table mais une table à laquelle il manque un pied ce n’est pas très utile. La chaise aussi allait finir à la poubelle. Une heure et demie plus tard, Noé avait retrouvé un appartement presque normal, un peu vide tout de même. Après toutes ces émotions, Noé eut bien envie de prendre une douche, il ramassa le gel douche et le mis sur le lavabo, la salle de bain était vraiment très petite, mais Noé s’estimait heureux, les toilettes en étaient séparées. Plusieurs dizaines de minutes sous la douche ne furent pas suffisantes pour percer tous les mystères qui hantaient Noé. Tout d’abord pourquoi des hommes viendraient saccager son appartement, pourquoi faire un trou de cette taille dans sa porte et pourquoi laisser sa salle de bain intacte ?

 

Noé voulu prendre une résolution qui allait certainement changer sa vie.

 

Cette résolution était de réparer son miroir qui se décollait. Il était toujours déformé quand il se regardait dedans. Il était onze heure vingt, Noé avait toujours 21 ans, Il était très fatigué, toujours choqué par ce vandalisme sans raison. Il appuya sur le haut du miroir mais quelque chose bloquait, il était haut, Noé était obligé de se mettre sur la pointe des pieds pour pourvoir toucher le haut de ce miroir, mais il sentait bien que quelques millimètres le séparaient toujours du mur. Il alla prendre une chaise, pas celle qui était cassée mais l’autre, un autre accident aujourd’hui ne serait pas le bienvenu. Il posa la chaise devant le lavabo, monta dessus très doucement et prudemment puis il atteint le haut de ce miroir. Il vu d’abord que ce n’étais vraiment pas très propre dessous et fit une grimace. Mais une chose lui attira vivement l’œil, un morceau de papier jaune était coincé entre les moisissures et le mur, une sorte de Post-it. La grimace lui passa rapidement et Noé était submergé par des tas de questions. Il prit le papier mais préférait attendre d’être descendu de la chaise et de s’être assis pour le lire. Il descendit ainsi de la chaise et s’assit sur celle-ci pour le lire.

 

*

 

Marie jouait du violoncelle. Du moins, elle mimait cela car il était presque minuit comme elle habitait dans un appartement et que les cloisons étaient très fines, elle se serait fait une bonne douzaine d’ennemis si elle jouait réellement, bien que ce ne soit pas l’envie qui lui manquait.

 

La jeune femme est à la faculté de médecine, elle veut être chirurgien. À seulement 21 ans elle n’en est pas encore là, elle était actuellement interne. Elle est un peu décalée des autres à cause de ses horaires spéciaux, par exemple, Marie a travaillé toute la nuit dernière et a dormi aujourd’hui toute la journée, voilà pourquoi elle ne trouve pas le sommeil actuellement. Demain, elle ne travaille pas. Elle se mit au lit pour réfléchir à tout ce qu’elle ferait demain. Une heure de révision, une bonne heure de violoncelle, plutôt deux heures de révision se dit-elle. Marie est très bonne élève, elle a deux ans d’avance, elle a sauté une classe au collège et une autre à la faculté de médecine. Ce qui fait d’elle la plus jeune de son groupe et par la même occasion la préférée de son supérieur qui est un jeune résident. Après cela elle s’endormit rapidement.

 

Parlons un peu de Marie. Elle est passionnée par ce qu’elle fait, c'est-à-dire la médecine, elle y consacre une grande partie de son temps. Elle sort quelques fois avec des amis de la faculté, mais pas très souvent car quand elle ne travaille pas, elle révise, et même lorsqu’elle sort avec ses amis, la conversation tourne souvent autour de la médecine. Son appartement est plutôt petit, mais très bien situé, au-dessus de petite boutiques. La pièce principale contient la cuisine avec une petite table, le canapé-lit et une petite télévision. En revanche la salle de bain est minuscule, lorsque vous êtes sur les toilettes, vous avez le menton dans le lavabo et le bras droit dans la douche. Marie côtoie depuis peu un jeune homme nommé Jules, mais il n’a pas l’air très important à ses yeux. Il leur arrive de passer un après-midi ensemble, cela se poursuit avec une soirée et une nuit, et ensuite ils ne se voient plus pendant plusieurs semaines. Ce n’est donc pas une relation très sérieuse. Elle est née à Brighton, dans le Sud de l’Angleterre, son père était infirmier et sa mère chirurgien, ce n’est donc pas par pur hasard qu’elle a choisi cette voie. Elle étudie et travaille à la faculté de médecine de Londres, la meilleure université de Grande Bretagne. Marie était très forte psychologiquement, elle n’avait peur de rien, enfin presque, sa seule peur était d’être enfermer en prison. Elle avait beaucoup de caractère aussi.

 

Aujourd’hui, c’est son jour de congés, elle se réveilla à onze heures et c’est à midi qu’elle ne put s’empêcher d’appeler Jules pour savoir quels cas intéressants il y avait actuellement à l’hôpital. Il lui répondu avec un tas de détails techniques incompréhensibles mais ça voulait dire que la femme s’était fait renverser par une voiture et avait un morceau de verre dans la cuisse.

 

*

 

Le papier était bien un Post-it. L’écriture était petite mais c’était bien écrit. Il n’y avait qu’une phrase : « Ceci n’était qu’un avertissement. EOS ». La tête de Noé tomba dans ses mains tremblantes. Bien que Noé ne comprenne absolument rien à rien, cela l’inquiétait beaucoup. Pourquoi un avertissement ? Noé n’avait rien fait de mal. Oublier de se réveiller un matin ? Se perdre en chemin ? Le jeune homme était perdu au sens figuré cette fois, une nuit blanche s’annonçait. Après avoir laissé sa tête entre ses mains pendant quelques minutes, il l’a releva et inspecta le papier sous tous les angles, mais il n’y avait rien, il était très propre, aucun marque à part cette phrase. Noé comprenait bien la phrase, du moins il comprenait son sens, mais pas ce que ce mot faisait chez lui. Il avait peur, bien que sa porte fût fermée à double tour avec un verrou flambant neuf, il regarda dans sa direction. Si ce vandalisme n’était qu’un avertissement, qu’y aurait-il ensuite, et pourquoi y aurait-il autre chose. Demain Noé n’ira pas en cours, un tour à la bibliothèque s’impose, le sigle EOS ne lui dit absolument rien, mais il passera certainement la nuit à chercher à quoi cela peut bien correspondre. Il remit la chaise à sa place, c’est à dire nulle part, ou à côté de la table qui n’est plus là. Noé se mit dans son lit, sur le dos, les mains derrière la tête, l’air pensif.

 

La bibliothèque ouvre à dix heures, mais comme Noé n’eut dormi qu’une heure ou deux, il fut réveillé vers six heures, il resta au lit jusqu’à neuf heures en imaginant que le « E » signifiait des prénoms, et le « OS » signifierait le nom de famille. Si c’est cela, il sera difficile de trouver ce que ça signifie à la bibliothèque, il chercha alors dans ses connaissances, ses amis, les amis de ses parents, mais il ne trouva rien. Encore une douche, un jean et un polo, Noé est paré pour aller à la bibliothèque. Il y alla à pied, encore une grande hésitation avant de passer la porte de l’immeuble.

 

En allant faire des recherches, Noé ne savait pas qu’il s’embarquait dans une aventure à laquelle il ne pourrait échapper. Il aurait très bien pu jeter ce papier ou même encore ne jamais vouloir réparer ce miroir qui reste toujours décollé d’ailleurs. Quoique cela aurait été difficile de vivre en connaissant l’existence de cette phrase sans y attacher de l’importance.

 

Noé aperçu la bibliothèque et accéléra le pas.

 

*

 

Elle décida d’aller au parc pour se changer les idées quelques heures, une glace à la main, et son portable dans l’autre. Marie envoyait des messages à Jules, elle semblait tenir à lui tout compte fait, mais la jeune femme était très lunatique, demain, elle pourrait très bien ignorer ses appels et ne pas lui adresser la parole en cours. Elle s’assit sur un banc pour admirer un homme tout blanc qui faisait la statue.

 

Puis quelqu’un l’appela, le numéro était connu de son répertoire et il était inscrit « Jean EOS ». Elle répondit et passa plusieurs minutes son téléphone à l’oreille.

 

*

 

Il n’y avait personne à part une classe de primaire qui se prêtait à une visite guidée par Mme Rouault, la secrétaire de l’entrée. Les enfants avaient l’air émerveillés par tous ces livres, et surtout par les très vieux bouquins. Il se dirigea vers l’ordinateur permettant de trouver un livre en inscrivant un ou des mots clé. Il écrivit les trois lettres mystérieuses et les quelques secondes que la vieille machine mettait pour trouver les résultats paraissent une éternité pour Noé. Puis il fut stupéfait du résultat, il n’y avait qu’une dizaines de livres, traitant tous un même sujet bien précis.

 

*

 

Marie acquiesçait tout ce que l’homme disait, au bout de cinq bonnes minutes, elle raccrocha en lui disant quelques formules de politesse qui montraient qu’ils étaient assez proches, du moins que Marie aimait bien ce Jean. Pendant ses prochains congés, elle ira au Sud de Londres pour voir Jean et parler de ce projet. En effet, jean habitait dans une petite maison avec sa femme dans la banlieue de la capitale. Il était presque seize heures, Marie voulut rentrer chez elle pour pouvoir apprendre une dernière fois une procédure d’opération du cerveau. Elle devait assister son résident demain pour une opération difficile et cela l’angoissait beaucoup. Une opération de quatre heures ou le résident devra retirer une tumeur située dans le lobe occipital du cerveau, une partie très délicate à opérer. Heureusement, grâce aux connaissances de ses parents, et surtout de sa mère, Marie avait facilement pu être sous la responsabilité d’un des meilleurs résidents et elle côtoyait les chirurgiens de l’hôpital avec une facilité déconcertante.  Ce qui lui valait beaucoup de jalousie de ses collègues. Sa mère était un grand chirurgien que beaucoup d’étudiants connaissent dans l’hôpital car elle était professeur de médecine. Elle a été élu officieusement meilleure chirurgien d’Angleterre, mais il faut savoir qu’elle consacrait sa vie à ceci, ce qui ne lui laissait pas beaucoup de temps pour sa famille et pour sa fille en particulier.

 

*

 

Un livre sur l’anatomie humaine, un autre sur le cerveau et d’autres sur des grandes découvertes. L’EOS était en effet une organisation sur la médecine et les sciences, les initiales signifiaient « English Organisation of Sciences ». Pourquoi l’organisation anglaise des sciences s’intéresserai-t-elle à Noé et pourquoi saccager son appartement ? Il emprunta un livre en rapport avec cette organisation, il se nommait « L’EOS et ses découvertes ».  

 

Bizarrement Noé allait un petit peu mieux que cette nuit, même si un tas de questions trottaient toujours dans sa tête, tout commençait à se dessiner. Effectivement, ce que vous ignorez, c’est que Marc, le grand-père de Noé était scientifique, et depuis le début, il se doutait que tout cela avait un rapport avec lui. Le jeune homme s’intéressait beaucoup à ce que faisait son grand-père mais il ne lui avait jamais parlé de l’EOS, le défunt lui parlait surtout des recherches qu’il effectué sur le cerveau humain ou encore sur les vaccins que lui et ses collègues cherchaient à mettre en place. Un meurtre injustifié, un cambriolage tout aussi infondé, cela devait obligatoirement corréler.  Toutes ces révélations permettaient à Noé de prendre un peu plus confiance en lui et de trouver la force de trouver des explications à tout cela.

 

Le midi, il appela Bruce pour savoir ce qu’il avait manqué et inventa qu’il avait une grosse grippe et qu’il était cloué au lit, Bruce lui répondit que cela se voyait à sa voix. Son camarade lui avoua qu’ils avaient pas mal avancé en histoire et qu’il lui apportera tous les cours le soir même ou le soir suivant mais Noé refusa, il ne voulait pas être dérangé pendant quelque temps, bien sûr il ne lui a pas dit cela, le jeune homme a dit que la grippe était contagieuse. En effet, s’il avait besoin de faire des recherches à la bibliothèque, il désirait être seul. Après cela, il s’attela à lire le livre sur l’EOS. C’était un gros bouquin d’environ 500 pages, qui n’avais pas l’air très intéressant, avec quelques images seulement et de gros pavés de texte, Noé fit une grimace en feuilletant le livre. Le premier chapitre, qui faisait la moitié du livre au passage était consacré aux découvertes de l’EOS concernant les avancées de la médecine, un tas d’appellations technique firent se lever Noé pour aller chercher son dictionnaire, internet ne marchait pas depuis une bonne semaine à cause du propriétaire qui devait faire des économies. Le jeune homme commença alors le livre, il lut quelques pages, ouvrit le dictionnaire une douzaine fois par page mais il avait l’air passionné par ce qu’il lisait, bien que les sciences soient bien éloignées de son domaine de prédilection : la littérature. Il était maintenant dix-huit heures et Noé avait bien avancé le livre, avec une pause pour manger, il en était presque au milieu de la première partie. Cela parlait surtout des avancées de la chirurgie et des méthodes d’anesthésie. Le début de la seconde partie du premier chapitre était basé sur les avancés dans le domaine de la chirurgie plastique. Noé abandonna la chirurgie esthétique pour aller manger dans un restaurant en bas de chez lui, il ne voulait pas aller trop loin car si il rencontrait Bruce ou un ami de la faculté, il ne se serait pas senti très à l’aise. Il n’avait de toute façon rien dans le frigo. Noé ne se remettra pas à ses lectures ce soir, il avait déjà beaucoup de choses dans la tête, beaucoup de questions et de données du livre.

*

 

Le matin, ou plutôt en pleine nuit, Marie était enfin prête pour l’opération, elle était programmée à six heures. Elle arriva une heure plus tôt pour pouvoir parler à son résident et à l’anesthésiste. Elle enfila la blouse, le masque et son calot qui était jaune fluorescent. L’opération commença à l’heure prévue et se passa parfaitement bien, Marie eut même le droit de recevoir un « bien joué » du résident qui ne faisait pas de compliments facilement. À neuf heures, elle alla manger un croissant et reprit vite le travail avec quelques visites.

 

Dix-neuf heures, Marie avait enfin finit sa journée. Elle rentra chez elle, posa son manteau, ses clés mais elle sentit quelque chose sous ses pieds lorsqu’elle passait devant l’entrée, elle baissa la tête et vit une enveloppe sans aucun nom, une enveloppe vierge. Elle l’a pris dans sa main, elle avait l’air de contenir quelque chose. Elle l’ouvrit, il y avait une feuille dedans. Des écritures dactylographiées se laisser deviner à travers. Le papier était plié en trois, Marie l’ouvrit rapidement. Elle commença à lire mais à peine trois secondes plus tard, la feuille était par terre et Marie assise par terre. Sur la lettre, après toutes les formules de politesse il était inscrit ceci :

 

« Marie Lavoie, Nous avons le regret de vous annoncer la mort de Jean Brio. Nous vous présentons toutes nos condoléances. Jean a eu un accident de voiture mortel, un camion l’a brusquement percuté de plein front. […] Jacques-Bénigne Bossuet disait : Quand Dieu efface, c’est qu’il s’apprête à écrire, c’est pourquoi nous vous proposons de rejoindre notre association gouvernementale. Veuillez nous contacter au plus vite pour votre réponse. »

 

Marie était dépitée. Elle était à la fois malheureuse et dégoutée. Comment osaient-ils dans la même lettre lui annoncer la mort de son ami et lui proposer un poste pour remplacer le défunt. Marie n’était pas prête à accepter cela, du moins pas maintenant. Elle prit son portable, et composa le numéro de la femme de Jean. La femme de répondait pas. Cela était compréhensible, mais inquiétant tout de même. Elle essaya alors sur le portable de travail de Jean. La voix annonçait que le numéro n’était pas attribué, cela mis très en colère Marie qui se disait que l’ESO ne perdait encore pas son temps. Elle s’allongea sur le canapé, ferma les yeux et s’endormi paisiblement. La fatigue l’emportait sur l’énervement. 

 

*

 

Noé, quant à lui, avait le ventre plein, le restaurant ouvrier en bas de chez lui était vraiment parfait d’après lui, pas de la grande cuisine mais de la bonne cuisine. 

 

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